Intense et complexe, le premier long métrage du jeune cinéaste américain Ari Aster nous ouvre les portes d’une maison habitée par une famille endeuillée, très vite manipulée par des forces occultes.


Après la mort d’Ellen, la matriarche, les membres de la famille Graham se retrouvent dans leur maison, où vivait aussi la défunte. Annie (impeccable Toni Collette), ses deux enfants ainsi que son époux (Gabriel Byrne) se réconfortent mutuellement, jusqu’à ce qu’une malédiction héréditaire vienne s’insinuer subrepticement dans la vie du clan… Dans son moyen métrage, The Strange Thing About the Johnsons (2011), Ari Aster racontait l’histoire d’une famille rongée par les viols répétés d’un père par son fils. Ici aussi, le cinéaste utilise avec méthode les dysfonctionnements familiaux comme base d’un récit qui, tendu comme un fil, secoue le mental du spectateur. Il matérialise le détraquement biologique subi par la lignée Graham en dédoublant le décor principal : dans une maison de poupées, réplique du foyer hanté qu’Annie passe son temps à astiquer pour se donner l’illusion qu’elle contrôle la réalité, sont disposées des figurines représentant les membres de la famille. Quand la caméra y pénètre au détour d’un plan angoissant, les poupées prennent soudain vie, dans un télescopage de réalités qui en dit long sur le danger du repli familial. En tirant subtilement les ficelles de l’épouvante, ce bijou d’horreur nous met littéralement dans le mal.


: d’Ari Aster
Metropolitan FilmExport (2 h 06)
Sortie le 13 juin