Plusieurs destins médiocres se percutent aux abords d’une ville anonyme du sud de la Chine. Au centre, un chauffeur traqué par des tueurs pour avoir volé des liasses de yens à son patron mafieux afin d’offrir une nouvelle chirurgie esthétique à sa compagne, après une première opération ratée.


Censuré au dernier festival d’Annecy à la suite de pressions officielles de l’empire du Milieu, ce film d’animation chinois compense sa technique un peu rudimentaire par un sens de la rupture sèche (montage très cut troué d’ellipses, de flashs blancs et d’écrans noirs), agrémenté d’intermèdes surréalistes (de la désopilante fausse pub psyché à l’incursion incongrue d’une séquence live). Les plans soignés de paysages semi-urbains décrépits font échos aux trajectoires des personnages, pantins conventionnels dont l’apparente propreté géométrique mène implacablement au chaos. Malgré sa froideur et son rythme nonchalant, la satire de l’ultraconsumérisme chinois fait mouche grâce à un humour noir décapant, absurde et pop, innervant ce polar pince-sans-rire d’une touche d’humanité, salutaire bien que désespérée. Une curiosité.


: de Liu Jian
Rouge (1 h 17)
Sortie le 20 juin