À l’occasion de la sortie de "Sex Doll", romance sombre de Sylvie Verheyde dans laquelle elle campe une prostituée exilée à Londres, la comédienne Hafsia Herzi a répondu à notre questionnaire cinéphile.


Trois mots pour qualifier ton personnage dans Sex Doll
Femme-enfant, sauvage et romantique.

Trois films sur la prostitution qui t’ont marqués ?
Mama Roma (de Pier Paolo Pasolini, 1976) que j’avais vu il y a longtemps pour mon projet de réalisation qui s’appelle Bonne mère. C’est Abdellatif Kechiche qui m’avait conseillé le film à l’époque. Il y aussi le très beau film de Robert Bresson Les Dames du bois de Boulogne (1945). Et puis, pour faire un peu plus dans légèreté, Pretty Woman (de Garry Marshall, 1990), un film culte.

Trois films que tu aimais adolescente ?
Quand j’étais plus jeune, je n’allais pas souvent au cinéma mais je regardais des dessins animés. Il y a eu bien sûr Aladin, Le roi Lion. Ou sinon Rémi sans famille, où il y a beaucoup d’espoir et d’amour.

Hafsia Herzi

Hafsia Herzi

Décris-toi en trois personnages de fiction.
Je ne sais pas si je m’y reconnais, mais j’adore le personnage de la jeune fille dans Lolita de Kubrick (1962). Ensuite, Marlene Dietrich dans Morocco (de Josef von Sternberg, 1931). Et pour finir, Sandrine Bonnaire dans A nos amours (1983) de Maurice Pialat. Je suis obligée de la citer. Quand La graine et le mulet (d’Abdellatif Kechiche, 2007) est sorti, on a beaucoup été comparées. On avait même fait ensemble quelques interviews croisées et c’est vrai que quand j’ai vu ce film j’ai senti qu’il y avait des points communs entre nous, même au niveau de nos expériences personnelles ! Le fait d’avoir commencé jeunes avec de grands cinéastes, qui ont eux aussi été comparés.

Trois films que tu n’as jamais réussi à regarder jusqu’au bout ?
Il y a Amour de Haneke (2012), je me suis toujours endormie devant. Le film ne m’ennuie pas mais à chaque fois que j’essaye de le regarder je suis fatiguée et je m’endors. J’ai des souvenirs de beaux plans, de belles lumières et d’acteurs parfaits.

Trois cinéastes avec qui tu rêves de tourner ?
J’adore Asghar Farhadi, j’aime tous ses films. J’ai eu la chance de le rencontrer et j’ai adoré également la personne. Même chose pour Pedro Almodovar, j’apprécie la manière dont il filme les femmes, sa sensibilité. Et, en France, j’aime bien Lucas Belvaux.

Trois rôles que tu n’oublieras jamais ?
La graine et le mulet (d’Abdellatif Kechiche, 2007) c’est mon premier film, mon premier grand rôle avec une récompense (elle a reçu le César du meilleur espoir féminin, ndlr.) C’était une expérience formidable qui m’a donné envie de réaliser mes propres films. L’Apollonide – souvenirs de la maison close (2011), j’ai beaucoup aimé travailler avec Bertrand Bonello. Et puis Le roi de l’évasion avec Alain Guiraudie (2009).

Les trois derniers films que tu as appréciés au cinéma ?
Le Client d’Asghar Farhadi. J’aime sa manière de raconter les histoires, l’émotion qui s’en dégage, la manière dont il filme les visages. Il y a toujours beaucoup de poésie dans ses films. Ensuite, Mademoiselle de Park Chan-wook, j’ai trouvé ça très osé et moderne. Sinon j’aime beaucoup regarder des courts métrages. J’ai découvert celui de Sonia Rolland, Une vie ordinaire, l’histoire d’un frère et une sœur délaissés par leur mère. On suit une petite fille qui essaye de s’occuper au mieux de son petit frère.