Depuis la Coupe du monde 1998 en France, la Roumanie ne s’est plus qualifiée pour la phase finale 
de la compétition. Mais Corneliu Porumboiu a trouvé la meilleure parade : représenter, à chaque édition depuis 2014 (et son film Match retour), le football roumain au cinéma.


Victime d’un mauvais geste au cours d’un match de foot, Laurențiu Ginghină s’est vu contraint de tirer un trait sur ses rêves de jeunesse. À la demande de son ami d’enfance (Porumboiu), cet inénarrable poissard se retourne, à 40 ans passés et sans amertume, sur une vie de promesses gâchées et de projets avortés. Sa dernière lubie : modifier les règles du football pour le rendre moins violent, plus fluide, mais surtout moins énergivore, afin d’y jouer le plus longtemps possible sans que cela n’exige d’efforts surhumains.

À l’ère du football statistique, qui dissèque méticuleusement les performances et célèbre la surcompétence des athlètes, Football infini dresse le portrait touchant d’un champion de la résilience. Son projet n’est qu’une douce utopie, et le film n’en fait pas mystère. Mais, de même que Match retour (le précédent documentaire de Porumboiu, dans lequel il commentait avec son père un derby bucarestois de 1988 arbitré, à l’époque, par ce dernier) s’enivrait du plaisir simple de rejouer le match, Football infini révèle ce qui se cache sous les élucubrations tactiques : l’histoire d’un corps stoppé dans son élan qui, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, rêve de changer le football pour qu’il ne s’arrête jamais.


: de Corneliu Porumboiu
Capricci Films (1 h 10)
Sortie le 6 juin