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Flash-back: “Sexe Intentions” fête ses 20 ans

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Le drame romantique au casting glamour fête ses 20 ans. Si cette adaptation adolescente des Liaisons dangereuses a marqué toute une génération, c’est surtout, selon la critique Linda Belhadj, pour sa pertinence psychologique.

«Le film s’inscrit dans le genre du drame romantique adolescent, auquel appartiennent La Fièvre dans le sang d’Elia Kazan, sorti en France en 1962, ou Un amour infini de Franco Zeffirelli, en 1981», rappelle Linda Belhadj, autrice du livre Le Thriller érotique (Aedon, 2017). «Les films sur les ados sont par la suite devenus de plus en plus osés, comme Risky Business, en 1983, qui suivait un lycéen proxénète.» À la fin des années 1990, quand Roger Kumble transposa Les Liaisons dangereuses dans un New York contemporain où de riches lycéens se livrent à la manipulation amoureuse, le public ne fut pas dépaysé. «Dès la première séquence, située chez une psy, Sexe intentions parle de l’absence tragique des parents. C’est aussi une œuvre gothique: l’immeuble de Kathryn (Sarah Michelle Gellar) et Sebastian (Ryan Phillippe) ressemble à un château de vampires.» Au-delà de la bande-son pleine de tubes (Placebo, The Verve…), l’impact du film (sorti en France le 23 juin 1999, juste avant la Fête du cinéma) s’explique par sa violence psychologique. «Le langage y est très cru. Derrière le vernis pop à la Beverly Hills, il y a un portrait sulfureux de la nature humaine.»

Le titre original, Cruel Intentions, ne contient d’ailleurs pas le mot «sexe», «car le sexe compte en réalité moins que les motivations derrière. Chacun est capable de cruauté, même les enfants, et le sexe n’est qu’un moyen de contrôle – de soi et des autres.» Le personnage de Sarah Michelle Gellar fut à ce titre le plus durement jugé. «Le regard des spectateurs s’est focalisé sur Kathryn en tant qu’éminence grise, mais le comportement de Sebastian est encore pire. Il représente l’homme fatal dans toute sa splendeur. Il tombera certes amoureux d’Annette (Reese Whiterspoon), mais son premier souhait était de la faire souffrir.» Sexe intentions pose au final des questions universelles: «Homme ou femme, personne n’est un ange. C’est métaphysique: qu’est-ce qui nous pousse à faire le mal? Est-on bon ou mauvais en fonction de notre éducation? L’amour peut-il faire changer quelqu’un? C’est un film tortueux jusqu’au bout.»

Illustration: Anna Wanda Gogusey

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