La chanteuse et actrice Fishbach, qui s'affichera dans l’adaptation télévisuelle de Vernon Subutexde Virginie Despentes, et planche entre autres sur son prochain EP, est assez occupée en ce moment. Par chance, on a pu la rencontrer au Festival International du film de Belfort, où elle parrainait le jury des Eurocks One+One. Elle nous a tout de go avoué qu'elle avait « des complexes » niveau cinéphilie, mais l’artiste, qui pose parfaitement sur ses textes sombres sa voix rauque et profonde, parvient tout de même à citer Kubrick, les films de la saga Matrix et la bande du Splendid dans un même questionnaire. Rencontre.


Décris-toi en 3 héroïnes de fiction. 
Trinity dans Matrix 1, dans Matrix 2 et Matrix 3 des sœurs Wachowski. Récemment, on m’a demandé qui était mon modèle dans la musique et je n’ai trouvé personne. Par contre, en y réfléchissant, je me suis dit que je me retrouvais complètement dans Trinity parce qu’au début de la saga, elle paraît à la fois froide et très forte, puis on découvre ensuite sa fragilité. Elle a un côté sacrificiel. Au premier abord, je peux moi aussi avoir cette dureté, ce côté « cœur de glace », mais je fonds au bout de deux secondes. J’ai l’impression que ma musique suit un peu ce chemin aussi.

Un film que tu pourrais regarder à 3h du mat’, une nuit d’insomnie ? 
Je mate toujours les films à cette heure-ci ! Mais la nuit j’aime particulièrement regarder des films sur l’espace. Je pense à la série documentaire « Les Mystères de l’Univers ». Ou bien des fictions, comme 2001 : L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Ou encore, choix ultime, Gravity d’Alfonso Cuarón avec Sandra Bullock, sublimissime dedans… Ce qui est génial la nuit, c’est qu’on est seul, que le téléphone ne sonne pas, que les voisins ne bougent plus, tu ne sais pas trop s’il fait beau ou pas. Le temps s’arrête et c’est le seul moment où je me sens libre de faire ce que je veux.

3 films que tu trouves « mortels » ?
Children of men d’Alfonso Cuarón. C’est un film d’anticipation incroyable qui imagine, dans un futur proche, que les femmes ne tombent plus enceintes. Il y a de l’action, les personnages sont hyper attachants, c’est filmé de façon magnifique. Clara et les chics Types de Jacques Monnet, avec toute la bande du Splendid, Isabelle Adjani, Daniel Auteuil… C’est l’histoire d’un groupe de rock qui quitte Grenoble pour retourner dans le lycée parisien où ils se sont formés. Daniel Auteuil est divin et les apparitions d’Adjani, qui fait la meuf inaccessible, sont presque « alienesques », elle te sort du film. Après, je dirais La Merditude des choses de Felix Van Groeningen. Je suis assez fan de l’esthétique belge, je m’identifie à cette vision du Nord [elle est née et a grandi à Dieppe, puis à Charleville -Mézières, ndlr]. C’est bien plus profond qu’une simple satire, c’est la vie d’une famille très soudée. En fait, j’aime les films de groupe où les enjeux intimes et collectifs sont très forts, que ce soit la fin du monde, un retour aux sources ou une vie en dehors des clous.

Dans tes rêves, 3 personnalités du cinéma te proposent une folle virée nocturne. Qui sont-ils/elles et où t’emmènent-ils/elles ? 
J’aimerais qu’Eva Green m’emmène dans un cabinet de curiosités. C’est une actrice creepy et sexy en même temps. J’irais bien avec Philippe Katerine chez Chartier, une brasserie typiquement française. C’est le comédien/musicien parfait. Pour moi, il sait tout faire. Et puis je rêve que Martin Scorsese m’emmène sur un plateau de tournage, tout simplement. Si tu me lis Martin, je veux bien jouer dans tes films.

3 B.O. à se procurer illico chez les derniers disquaires encore en activité ?  
Attention, je ne vais citer que des vieilles compos françaises. Celle du Dernier Amant romantique de Just Jaeckin. Je n’ai pas vu le film, j’avoue, mais c’est Pierre Bachelet qui a composé celle-ci et il y a trois morceaux – Disco Circus, Tendresse, Génériques de fin/de début – dont je suis fan. Vladimir Cosma aussi, évidemment. Le thème du film La Dérobade [de Daniel Duval, ndlr] me rend malade. C’est si simple et délicat. Je n’ai que ça en tête, mais je conseille vivement.

L’acteur ou l’actrice qui te faisait fantasmer à 13 ans ? 
Alors, ça va paraître étonnant, mais c’est Gary Oldman. Dans beaucoup de films des années 1990, il jouait les méchants et je les ai toujours préféré aux gentils. Peut-être qu’à l’époque je voulais me la jouer rebelle, mais je lui trouvais une belle gueule. Maintenant, je serais plus Littlefinger dans Game of Thrones. Ce type, c’est la pire des races, mais je le trouve si beau.

Le film que tu ne peux pas regarder plus de 3 minutes ? 
J’ai une grosse affection pour le cinéma français navet, j’aime même Les Visiteurs 3, mais le réalisateur des Nouvelles Aventures D’Aladin avec Kev Adams est allé trop loin.


Fishbach – EP « À ta merci »
Dispo sur Spotify et Deezer