C’est la chronique d’une grossesse bien particulière que propose Fabien Gorgeart dans ce premier long métrage pétillant et intelligemment construit autour du corps.


Diane (Clotilde Hesme), une célibataire extravertie, accepte de porter l’enfant de Thomas (Thomas Suire) et Jacques (Grégory Montel), ses meilleurs amis. Persuadée que sa vie n’en sera pas affectée, elle commence une histoire avec Fabrizio (Fabrizio Rongione)… La mise en scène solaire et raffinée du film joue – et c’est très beau – avec l’évolution corporelle de l’héroïne, notamment concernant le décor d’une maison de vacances, théâtre de sa grossesse: à mesure que son ventre s’arrondit, les pièces qu’elle retape prennent des formes courbes, alors que Fabrizio installe une piscine ronde dans son jardin. Mais la qualité du film tient aussi à autre chose: grâce à ses dialogues justes, parfois mordants, il interroge subtilement, sans donner de réponses toutes faites, nos conceptions modernes de la maternité, à l’heure où la PMA suscite la controverse. Plutôt qu’un film-tract, Diane a les épaules est un film-tact.


de Fabien Gorgeart
Haut et Court (1 h 27)
Sortie le 15 novembre