L’oscarisée Kathryn Bigelow s’empare d’un épisode de l’histoire des États-Unis qui résonne violemment avec le regain actuel de racisme dans le pays : les émeutes de Detroit.


Le 23 juillet 1967, un raid de la police dans un bar clandestin de Detroit fréquenté par des Noirs déclenche l’ire de cette partie de la population, excédée de subir un racisme institutionnalisé. Au cours des cinq jours de révolte, un motel devient le lieu de cristallisation des tensions raciales: les policiers bouclent le bâtiment et commencent à maltraiter ses occupants, allant jusqu’à en tuer certains – séquestration qui donne lieu à de longues séquences, crues et éprouvantes pour le spectateur. Avec Detroit, scénarisé par Mark Boal comme ses précédents films Démineurs (2009) et Zero Dark Thirty (2012), Kathryn Bigelow semble boucler une trilogie auscultant les rapports de pouvoir et de violence aux États-Unis. Toujours dans un style «sur le vif», caméra à l’épaule, elle insiste sur la façon sidérante dont l’urgence d’une situation peut complètement dérégler l’éthique d’un individu. Et c’est parfaitement glaçant.


de Kathryn Bigelow
Mars Films (2 h 23)
Sortie le 11 octobre