Dans une salle de répétition de l’Opéra Garnier, une poignée de danseuses s’approprie, pas à pas, un ballet de la chorégraphe Trisha Brown.


Pièce sans musique, Glacial Decoy est une variation sur l’équilibre et la pesanteur: les corps doivent s’abandonner à leur propre poids, comme pris dans une tornade ou suspendus au bord d’un précipice. Pas simple, pour les ballerines de l’institution parisienne formées à la rigueur et au contrôle. Pour filmer leurs avancées, la documentariste Marie-Hélène Rebois s’accroche au sourire de Lisa Kraus, révélation du film. Interprète de la pièce lors de sa création en 1979, elle est ici chargée de la transmettre, en l’absence de la chorégraphe, décédée cette année, en s’appuyant sur des enregistrements vidéos d’époque (dont le grain apporte au film une touche d’étrangeté) et d’après le souvenir organique qu’elle a de chaque mouvement. Le film trouve d’ailleurs une de ses plus belles séquences lorsque Lisa, assise au centre du studio, rassemble autour d’elle les jeunes danseuses pour leur conter l’histoire de la chorégraphe et leur révéler la substantifique moelle de son art. Instant de grâce suspendu, en parfait équilibre.


de Marie-Hélène Rebois Vendredi (1h19)
Sortie le 6 septembre