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Critique : « Une grande fille » de Kantemir Balagov

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(c) ARP

En 1945, dans une ville de Leningrad dévastée et qui sort à peine de la guerre, deux jeunes femmes chargées de soigner des victimes du conflit essaient de reprendre goût à la vie. L’une est régulièrement atteinte de crises nerveuses qui la paralysent et l’empêchent de respirer ; l’autre, qui a vu l’enfer du front, est devenue stérile. Ensemble, elles vont affronter l’adversité, les traumatismes et les situations imprévues… Moins de dix-huit mois après Tesnota. Une vie à l’étroit, le jeune prodige russe Kantemir Balagov (28 ans cet été) s’inspire de La guerre n’a pas un visage de femme de l’écrivaine biélorusse Svetlana Aleksievitch et met en scène un environnement dont les couleurs chatoyantes ne peuvent dissimuler la violence subie par des corps féminins qui ont payé un terrible tribut durant le conflit armé. Porté par deux sidérantes actrices (Viktoria Miroshnichenko et Vasilisa Perelygina), le film s’avère souvent asphyxiant mais réussit à porter haut l’idée, forte et tangible, qu’il est tout aussi éreintant de lutter pour réapprendre à vivre qu’il fut douloureux de braver la mort et la fureur guerrière. 



: de Kantemir Balagov, ARP Sélection (2 h 17), sortie le 7 août