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Critique: Nevada

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La première séquence de Nevada, spectaculaire en bien des points, s’ouvre sur un troupeau de mustangs, pris en chasse par un hélicoptère dont la trajectoire épouse les lignes d’un paysage typique de l’Ouest américain. Ces bêtes sauvages, une fois rassemblées et emprisonnées, sont destinées à servir un programme de réinsertion pour détenus dans lequel Morgan, un prisonnier mutique campé par Matthias Schoenaerts, trouve une forme d’exutoire en apprenant à dresser un cheval pourtant réputé indomptable… Dans ce premier long métrage prometteur de la Française Laure de Clermont-Tonnerre, le film carcéral rencontre un pan du cinéma indépendant américain attaché à réinvestir la figure du cow-boy solitaire au prisme du contemporain. Comme The Rider de Chloé Zhao l’an dernier, Nevada associe le dressage d’un canasson à la lente reconstruction psychologique d’un homme fracassé, contraint de faire corps avec l’animal pour s’évader. S’il reproduit les étapes inhérentes à tout récit thérapeutique, la force de Nevada est d’envisager le corps de Schoenaerts comme une masse rigide apprenant à accepter ses propres fêlures pour mieux assouplir son rapport à l’autre.

Nevada, de Laure de Clermont-Tonnerre, Ad Vitam (1h36), sortie le 19 juin.
Image: Copyright Ad Vitam

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