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Critique: “Her Smell”

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Le désir d’indépendance chevillé au corps, Alex Ross Perry (Queen of Earth) livre un film punk qui loue la force du collectif dans une industrie grignotée par la course au profit.

Meneuse d’un groupe de rock qui tutoya un temps la gloire, Becky Something (Elisabeth Moss), rattrapée par ses nombreuses dérives, est sommée de retrouver l’inspiration après l’annulation d’une tournée en Europe – « Je ne suis pas finie », lance-t-elle à ses comparses au début du film. La recherche de complétude de cette rock star cramée par la drogue se joue en cinq actes tirés au cordeau, matière assez épaisse pour en extraire son portrait. Chez Alex Ross Perry, le temps s’égrène comme au théâtre, en de folles explosions de dialogues et des morceaux entiers de musique, autrement dit en des scènes où les personnages n’ont d’autre choix que de se révéler sans artifice, malgré les paillettes qui parsèment leurs visages. Le film navigue dans le chaos et fait transpirer la solitude du processus créatif, mais aussi la quête de liberté qui l’accompagne. En investissant le délire égotique de son héroïne, le cinéaste vient à nouveau côtoyer la Nouvelle Vague après Listen Up Philip et Queen of Earth, dans un naturalisme particulièrement percutant et volubile. Becky, dont le patronyme («quelque chose ») évoque le champ des possibles, réfléchit à la fois à l’indépendance et au collectif comme salvation.

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Her Smell d’Alex Ross Perry, Potemkine Films (2h14), sortie le 17 juillet