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Critique : « Être vivant et le savoir » d’Alain Cavalier

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Avec Être vivant et le savoir, Alain Cavalier, travaillé par un deuil, signe un documentaire poignant dans lequel il célèbre la force symbolique des objets du quotidien.

Ami avec l’autrice Emmanuelle Bernheim, Alain Cavalier devait tourner avec elle un film inspiré de son livre Tout s’est bien passé (Gallimard, 2013), dans lequel elle raconte comment elle a aidé son père à choisir sa mort. Alain Cavalier aurait incarné ce dernier à l’écran, tandis qu’elle aurait joué son propre rôle. Un projet malheureusement contrarié par le diagnostic du cancer d’Emmanuelle… Avec sa petite caméra, Cavalier comble le vide de l’absence par les images – comme il l’avait fait dans Irène ou Ce répondeur ne prend pas de message, sublimes hommages à sa défunte épouse – en mêlant des archives documentaires où la vitalité d’Emmanuelle saute aux yeux, des séquences intimistes où le cinéaste questionne sa propre finitude et une célébration de natures mortes (le cinéaste scrute notamment la chair de courges en décomposition). Cavalier fait rejaillir la vie au cœur de l’autel mémoriel qu’il bâtit pour son amie et pose une profonde question : comment continuer à faire vivre un être aimé quand son corps n’est plus présent ? C’est en tout cas avec une simplicité et une délicatesse désarmantes que le filmeur saisit la trace de vie laissée par son amie.

Être vivant et le savoir d’Alain Cavalier, Caméra One (1h22)
Image: Copyright Caméra One