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Critique : « Charlotte a 17 ans » de Sophie Lorain

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À  la fois geste militant et acte d’autocensure, l’abstinence sexuelle est au cœur de cette chronique québécoise fraîche et profonde qui interroge la façon dont la société juge les jeunes femmes.

Charlotte pense ne pas se remettre de sa première déception sentimentale. Un job saisonnier dans un grand magasin de jouets lui donne l’occasion de rencontrer plein de garçons, de faire quelques folies avec eux… avant d’être montrée du doigt en raison de sa sexualité libérée. En réaction, Charlotte s’impose une longue phase d’abstinence, sponsorisée par la clientèle, le tout au profit d’une association caritative… Ouvertement influencé par Ghost World (le roman graphique de Daniel Clowes et le film de Terry Zwigoff), le deuxième long métrage de la Québécoise Sophie Lorain résonne aussi comme une réponse féminine et féministe à Clerks (1994). Tout comme les personnages du film de Kevin Smith, Charlotte et ses amies sont filmées en noir et blanc. Mais, contrairement à eux, elles n’ont pas le temps de jouer au hockey ou de s’écharper sur Star Wars, trop occupées qu’elles sont à lutter contre le sexisme d’une société qui juge tout autant celles qui n’ont pas encore démarré leur vie sexuelle et celles qui ont décidé de la vivre à fond.

L’ensemble forme un teen movie engagé et érudit, capable de citer Aristophane et Maria Callas sans jamais se départir d’une certaine légèreté. Car c’est avant tout de liberté qu’il s’agit : celle d’explorer ou d’attendre, de papillonner ou de se fixer. La réalisatrice invite les jeunes femmes à rivaliser d’imagination pour faire entendre leur voix. Et les jeunes hommes à entrer dans la danse, au sens propre comme au figuré, afin de montrer qu’ils ont compris la leçon.

: de Sophie Lorain / Les Valseurs (1h29)

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