companeros

Le film s’ouvre sur un magistral plan circulaire : depuis le poste de surveillance d’une prison, la caméra dévoile, un par un, les couloirs où sont alignées les cellules des détenus. On ne distingue rien de précis dans cet environnement clos où les êtres ressemblent aux murs. Rien, sauf une sensation d’étouffement sans issue qui ne va plus nous quitter pendant deux heures. Le réalisateur Álvaro Brechner (M. Kaplan, Sale temps pour les 
pêcheurs) nous fait vivre, au plus près des corps, l’emprisonnement de trois opposants 
à la dictature militaire au pouvoir en Uruguay entre 1973 et 1984. Douze ans de calvaire à tutoyer l’horreur et la folie, qui transformeront ces guérilleros en héros de la nation – l’un d’eux, José Mojica (Antonio de la Torre, vu notamment dans Que Dios nos perdone), sera élu président en 2010. On pense au Hunger de Steve McQueen ou à son voisin Buenos Aires 1977 d’Adrián Caetano, dans cette manière d’inscrire le politique dans les chairs, de frapper d’abord aux tripes pour ébranler les consciences. C’est ce qui donne à cette histoire 
une portée universelle et terriblement actuelle.


d’Álvaro Brechner
Le Pacte (2 h 02)
Sortie le 27 mars