Les habitants d’un village kirghiz s’interrogent : qui a dérobé le cheval de course
 d’un riche propriétaire ? Les soupçons se portent vite sur un homme surnommé Centaure en raison de sa passion pour les équidés, même s’il mène une vie apparemment paisible de père de famille. La beauté du cinquième long métrage de fiction d’Aktan Arym Kubat (auteur des remarqués Le Singe en 2001 et Voleur de lumière en 2010) réside 
dans sa façon de confronter avec sensibilité le passé, le présent et l’avenir. Habité par 
des croyances ancestrales, Centaure, incarné par le cinéaste lui-même, regrette l’époque où « les Kirghizes et les chevaux étaient comme les doigts de la main ». Au sein d’une communauté rurale d’Asie centrale menacée par le pouvoir nocif de l’argent et la montée de l’extrémisme religieux, il trouve de l’espoir et du réconfort dans le cinéma (il est projectionniste) et surtout auprès de son jeune fils, sourd-muet, comme son épouse. Le souci de la transmission est ainsi au cœur d’un film qui allie avec sobriété l’acuité de la chronique sociale et le souffle poétique de la fable.


: d’Aktan Arym Kubat
Épicentre Films (1 h 29)
Sortie le 31 janvier