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3 questions à Monia Chokri pour « La Femme de mon frère »

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Après avoir réalisé un brillant court-métrage (Quelqu’un d’extraordinaire), l’actrice et réalisatrice québécoise révélée dans Les Amours imaginaires (2010)de Xavier Dolan signe avec La Femme de mon frère son premier long, présenté cette année sur la Croisette dans la section « Un certain regard ». On a été charmé par ce tendre portrait d’une trentenaire aussi speed que larguée (excellente Anne-Elisabeth Bossé). Rencontre.

Qu’est-ce qui vous a décidée à passer le cap du long-métrage ?

Je m’intéresse depuis longtemps à l’écriture dramaturgique, mais c’est quand j’ai fait une série télé avec mon frère que j’ai appris à concevoir un scénario. La série n’a jamais été produite mais par l’écriture sont arrivées les images et l’envie de me lancer personnellement dans la réalisation. Après, j’ai pris mon temps. J’ai mis cinq ans à passer du court au long. Je suis assez monomaniaque, j’ai écrit La Femme de mon frère pendant trois ans, mais seulement pendant l’hiver. Je l’ai en quelque sorte laissé dormir, je pense que ça m’a permis d’aboutir à quelque chose de plus mature.

La difficulté de grandir est un thème très présent dans le film. Sophia, votre héroïne, a du mal à se séparer de son frère, à prendre son autonomie… Est-ce que vous vouliez tirer un portrait générationnel ?

Non, je n’ai pas cette prétention ! Mais c’est vrai qu’on me dit souvent que le film a cette propension, un peu comme Génération 90 [un film de Ben Stiller avec Winona Ryder qui incarne une jeune vidéaste qui vient de terminer ses études et tente avec difficulté de rentrer dans la vie active, ndlr]. Ce que j’ai voulu faire, c’est montrer la régression  de Sophia qui traverse les âges à rebours : au début, c’est une universitaire, elle est adulte, puis elle glisse vers l’adolescence, fume des pétards, boit, avant d’entrer dans la pré-adolescence, l’enfance, et enfin redevenir bébé dans les bras de son père. Je trouvais ce cheminement intéressant.

Anne-Elisabeth Bossé, qui incarne avec verve et finesse Sophia, crève vraiment l’écran. Vous avez pensé à elle tout de suite ?

Oui, elle s’est imposée très rapidement. C’est une de mes meilleures amies, une grande actrice et une grande comique chez nous, au Québec.  Elle a une émotivité, un côté enfantin qui m’a beaucoup plu et qui correspondaient au personnage que j’avais en tête. En plus, elle attire naturellement la sympathie, ce qui fait qu’on peut lui faire dire des choses odieuses et pousser les limites vachement loin sans la rendre insupportable ! 

Image d’ouverture: Copyright Memento Films Distribution

 

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