Festival dense et chargé en films d’animation en tous genres (enfants, adultes, jeunes adultes…), Annecy s’est achevé samedi dernier. Retour sur trois temps fort de cette 42e édition qui interrogeait notamment le pouvoir de l'image animée face à l'histoire. 


Funan de Denis Do

Cristal du long métrage, Funan a su convaincre le jury composé du réalisateur brésilien Alê Abreu, de la chanteuse Emily Loizeau et du journaliste Dan Sarto. Le film, qui sortira en mars prochain, retrace le parcours d’une mère pour retrouver son fils dont elle a été séparée au moment de la prise de pouvoir des Khmers Rouges en 1975 au Cambodge. Film fort et poétique, Funan est inspiré des vies de la mère et du frère du cinéaste et scénariste. En choisissant l’animation, le réalisateur, issu des Gobelins, retrace le drame d’une population et d’un génocide souvent peu évoqué. Avec les voix de Bérénice Béjo et Louis Garrel, Funan montre l’horreur avec une distance nécessaire pour ne pas tomber dans un voyeurisme déplacé.

Chris The Swiss de Anja Kofmel

Anja Kofmel choisissait, elle, de mêler enquête et animation. Dans Chris The Swiss, les dessins servent à combler les trous d’une histoire collective heurtée : Chris, le cousin de la réalisatrice, est un jeune journaliste suisse disparu alors qu’il était parti couvrir le conflit yougoslave dans la Croatie de 1992. En quête de témoignages des collaborateurs de Chris, mais aussi de ses propres souvenirs vagues et épars, la réalisatrice offre un éclairage intime à ces événements toujours aussi troubles. Le film sort en octobre.

Les Indestructibles 2 de Brad Bird

14 ans que les fans de la famille Parr attendaient leur retour. Et ils étaient au rendez-vous à Annecy. La preuve avec la file d’attente pour entrer dans la salle qui était tellement longue que le hall ne parvenait pas à la contenir. Après un rapide making of de Bao, le court métrage touchant et barré de Domee Shi qui précède Les Indestructibles 2, Bob, Hélène, Violette et les autres ont envahi l’écran pour un film d’action très rythmé de près de 2h. Ambiance 60’s modernisée, questionnement sur la paternité et sur le pouvoir des images, le film de Brad Bird garde les traces de des passages du réalisateur au live action avec Tomorrowland et Protocole Fantôme. Après un début record aux États-Unis, où il a fait le meilleur démarrage pour un film d’animation sur un weekend, on peut s’attendre à d’aussi jolis scores dans l’Hexagone le 4 juillet prochain.