Le pays attire de plus en plus de tournages : revue de presse locale.


« L’engagement sans faille des techniciens irlandais, l’enthousiasme et le soutien des habitants du West Cork feront de notre aventure irlandaise un souvenir inoubliable. Que la force soit avec vous ! » lisait-on fin mai dans un encart publié par Lucasfilm dans le quotidien Irish Examiner. Depuis le tournage, au printemps, de l’épisode 8 de Star Wars dans cette région du sud-ouest de l’Irlande, Dingle, notamment, croule sous les visiteurs, comme le rapporte The Irish Times : « C’est tous les jours comme un week-end de pont dans la petite ville qui, il y a un quart de siècle, a développé son tourisme grâce au tournage d’un autre film : La Fille de Ryan [de David Lean, 1970, ndlr]. » Certains sont plus sceptiques et se souviennent que le tournage de la fin de l’épisode 7 de la saga, sur les verdoyantes îles Skellig, un peu plus au sud, avait froissé les archéologues, inquiets des dommages potentiels sur un monastère chrétien du vie siècle, et les écologistes, pour qui « des défaillances de contrôle [concernant la préservation d’oiseaux rares, ndlr] n’ont pas été signalées » (The Irish Times). Le nombre croissant de tournages qui s’installent en Irlande (citons les récents The Lobster du Grec Yórgos Lánthimos ou Love & Friendship de l’Américain Whit Stillman) s’explique notamment par de généreuses réductions d’impôts et des décors naturels pittoresques, et devrait se poursuivre avec l’ouverture, en juillet, de nouveaux studios à Limerick. Un dynamisme raccord avec celui du cinéma national, comme en attestent le rayonnement récent de Brooklyn de John Crowley et les neuf nominations (record pour le pays) aux derniers Oscars (dont trois pour Room de Lenny Abrahamson). « Un grand jour pour notre petit pays », commentait le site d’information thejournal.ie, avant de nuancer : « Le cinéma irlandais vit une très belle année, mais il ne pourra pas capitaliser sur ses succès s’il n’est pas davantage soutenu par l’État. Les fonds nationaux alloués au cinéma ont chuté de 40 % entre 2008 et 2015. »