Dans L'Avenir, il incarne un personnage de thésard en philo qui vrille pour aller vivre dans une communauté libertaire à la campagne.


Réservé mais souriant, le jeune homme de 29 ans a fait le voyage d’Uzès dans le Gard – où il s’est installé il y a deux ans – jusqu’à Paris pour assister à une avant-première de L’Avenir. Il y campe Fabien, un ancien étudiant en philo que ses idées révolutionnaires mènent à s’établir dans une ferme, loin des bancs de sa fac parisienne. « Plus le film avance, plus il prend son autonomie. » L’indépendance, c’est aussi le tempérament de Roman Kolinka. Fils de Marie Trintignant – à qui il a donné la réplique dans le biopic télé Colette, une femme libre en 2003, tournage pendant lequel l’actrice est décédée – et de Richard Kolinka, le batteur de Téléphone, il est né dans une famille d’artistes brillants et très exposés. Après quelques apparitions, enfant, à la télé, il a d’abord choisi une profession de l’ombre, celle d’assistant réalisateur sur des pubs et des téléfilms, « tout ce qu’il y avait à prendre ». Une manière de découvrir les ficelles du métier, en attendant de revenir sous les projecteurs avec des rôles vraiment intéressants. En 2012, il décroche un petit rôle dans Après mai d’Olivier Assayas, grâce auquel Mia Hansen-Løve le repère. L’année suivante, elle lui propose d’incarner un dessinateur de bande dessinée tourmenté et suicidaire dans Eden, avant de lui offrir la partition plus imposante de Fabien dans L’Avenir, soit deux personnages à la marge. Le jeune homme retrouvera la cinéaste cet hiver pour le tournage de son prochain film, qui se déroulera en Inde. D’ici là, Kolinka n’oublie pas l’essentiel. « Je préfère assurer mes arrières avec quelque chose de concret. Alors, avec ma femme, on monte un bar à vin, qui s’appellera La Famille. » Pragmatique, Roman Kolinka ne se ferme aucune voie, pour éviter de se perdre.


Film : L’avenir
de Mia Hansen-Løve (1H40)
avec Isabelle Huppert, André Marcon…
Sortie le 6 avril