Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais il ne faut pas confondre Lola avec sa grande sœur Jemima, actrice elle aussi, connue pour son rôle dans la série Girls. « On vient d’un milieu très privilégié, explique Lola au téléphone, voix rocailleuse et ensommeillée. Nos parents ne nous ont pas élevées dans l’idée de devenir médecins ou avocats, mais nous ont encouragées à pratiquer toutes sortes de disciplines artistiques. » Le père est musicien, la mère possède une boutique de vêtements vintage à New York, dans le West Village, où Lola a affiné son style hors du temps, new age et lo-fi. À 25 ans, la jeune femme, vue l’an dernier dans Gone Girl de David Fincher, revendique d’ailleurs des références tout aussi chics et surannées : « Mes modèles ? Il y a beaucoup de femmes fortes autour de moi. Mais j’adore Sissy Spacek, Julie Christie et Natalie Wood. » Dans l’indé et spirituel Mistress America, en salles cet hiver, elle joue Tracy, une étudiante, aspirante écrivaine, qui débarque à New York et découvre les joies et les peines de la vie d’artiste aux côtés d’une trentenaire borderline (Greta Gerwig). À la jolie chronique de l’amitié féminine, le film ajoute une réflexion sur ce que l’on perd de soi-même à trop jouer le jeu des apparences. « J’ai quitté Instagram et les autres réseaux sociaux. Pour moi, ça n’avait rien d’amusant, au contraire. Il y a tant à dire sur la manière dont on essaie d’avoir l’air différent de ce qu’on est vraiment… » Dans un mélange séduisant de nonchalance et d’arrogance, Lola s’affirme décidément à contretemps.


Mistress America
de Noah Baumbach (1h24)
avec Greta Gerwig, Lola Kirke…
sortie le 6 janvier