Dans Crache cœur, l’audacieux premier long métrage de Julia Kowalski, elle campe une adolescente consumée par ses pulsions et ses désirs troubles, qui décide d’aider un ouvrier polonais venu en France pour retrouver son fils


Clope au bec, cheveux en bataille, veste trop large, Liv Henneguier nous rejoint dans un café de la place de Clichy un peu à l’arrache. « Pour le casting, je suis arrivée en short et en tongs. J’étais à Paris Plages avec des potes, j’avais un peu zappé. J’ai eu peur qu’ils pensent que j’étais pas sérieuse, mais ça s’est hyper bien passé », nous confie-t-elle de sa voix rauque et rigolarde. Spontanée et pétillante, la jeune Franco-Suédoise (qui a vu toute la filmographie de Bergman en V.O.) est aux antipodes de son personnage dans Crache cœur, une ado ténébreuse et vénéneuse : « Rose est très spéciale, elle fait un peu psychopathe parfois ! C’est une grande manipulatrice, elle est prête à tout pour avoir ce qu’elle veut. Souvent dans les films, c’est l’homme qui séduit, et là c’est l’inverse, c’est elle la prédatrice. » Habituée dès l’enfance des plateaux de cinéma, où elle fait de la figuration grâce sa marraine productrice, et avec à son actif deux jolis premiers rôles à tout juste 18 ans (avant Crache cœur, elle a joué dans le court métrage de Joanna Grudzinska Loups solitaires en mode passif, dans lequel Julia Kowalski l’a repérée), la jeune Parisienne ne veut pas brûler les étapes : « Il faut que je passe mon bac à la fin de l’année. Après, j’ai envie d’aller en Irlande pour apprendre l’anglais. Et ensuite, je reviendrai à Paris, faire une école de cinéma », conclut-elle, avant de sortir, la clope au bec, et la tête sur les épaules.


Crache cœur
de Julia Kowalski (1h23)
avec Liv Henneguier, Yoann Zimmer…
sortie le 17 février