Dans Fidelio. L’odyssée d’Alice, beau et sensuel premier long métrage de Lucie Borleteau, elle campe une mécano qui brave les océans et les amours sur un vieux cargo. L’intrépide Ariane Labed parcourt elle aussi le globe, nourrissant ainsi un jeu qui part du corps.


« Ça me plaît que les gens me croient grecque. Je me considère plutôt comme européenne. » Officiellement l’actrice est française, mais elle a vu le jour à Athènes en 1984, de parents berrichons. Ceux-ci ont déménagé en Allemagne lorsqu’elle avait 6 ans, puis sont retournés en France. Enfant, Ariane Labed se rêvait en danseuse classique, mais elle arrête subitement les cours à 16 ans. « Ça me rendait folle, ce rapport rigide à mon corps. » Elle découvre le théâtre et cofonde la compagnie Vasistas à la fac, avec laquelle elle tourne toujours. « C’est plutôt du théâtre corporel, je retrouve le plaisir de la danse classique, mais en plus libre. » L’aventure la ramène en Grèce, où Athiná-Rachél Tsangári lui propose le rôle principal d’Attenberg. Mais le cinéma ne l’attire pas. « Je pensais que c’était un autre langage, j’avais une crainte énorme de l’image. Je n’aime pas, de manière générale, celle que le cinéma a créée de la femme. » La rencontre avec la cinéaste la décide à accepter le rôle, alors qu’elle ne parle pas grec. Elle apprend la langue à la suite du tournage, car elle y rencontre son futur mari, Yórgos Lánthimos, le réalisateur de Canine et Alps. Ils emménagent à Athènes, puis à Londres. « Ça m’est très dur de tourner en français. Une langue étrangère, ça devient un corps concret à travailler. » Après une femme marin dans Fidelio, elle sera une femme soldat dans le prochain film de Delphine et Muriel Coulin. Elle se réjouit aussi de tourner cet été un film d’Alessandro Comodin en italien… Alors que, là encore, elle ne parle pas un mot de cette langue.