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À revoir sur Arte : les premiers films de Philippe Garrel

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Expérimentales et marquées par l’introspection et la question de la filiation, ces premières œuvres contiennent en germe toutes les obsessions du réalisateur.

Après Mai 1968, alors que l’effervescence des révoltes étudiantes déclinait en France, Philippe Garrel disait de l’héroïne principale de son premier film, Marie pour mémoire : « Marie décrit le traumatisme de la nouvelle génération. » Depuis, le cinéaste n’a cessé de filmer les idéaux déçus de la jeunesse romantique, que ce soit dans Les Amants réguliers ou La Frontière de l’aube.

Plus méconnus et expérimentaux, mais toujours emprunts d’une radicalité qui évoque parfois Bresson, ses premiers films sont à revoir sur le site d’Arte jusqu’au 30 novembre. L’occasion de remater La Cicatrice intérieure, road-trip fou et psychédélique dans lequel la chanteuse Nico traverse l’Egypte et l’Islande, et où Garrel éclate la linéarité du récit en proposant des mosaïques d’images. Pour mieux comprendre une autre grande obsession de son cinéma, celle du couple et de son effritement à travers le temps, on pourra regarder L’Enfant secret, histoire d’une femme en proie à la drogue qui élève son enfant seule, et dont est amoureux un réalisateur underground – un scénario qui fait écho à la vie personnelle de Garrel, qui a toujours pensé ses personnages comme des doubles à peine voilés. Filmé sans scénario, sous forme de longs plans-séquence oniriques, Le Lit de la Vierge est sans doute le film le plus étrange de Garrel : on y suit un Christ rachitique (Pierre Clémenti), errant dans un monde hostile où personne ne veut entendre sa parole.

Image: Copyright Capital Cinéma

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