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À revoir sur Arte: “Solo”, polar mélancolique de Jean-Pierre Mocky

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En hommage au cinéaste décédé le 8 août, Arte propose de visionner ce polar ténébreux et romantique sur le désenchantement post-Mai 68.

Difficile de réduire à des mots, de délimiter et de cerner ce qui fait l’essence du cinéma de Jean-Pierre Mocky, lui qui se voulait insaisissable, autant dans sa vie que dans ses films. Anarchiste provocateur, cinéaste engagé dissimulant sous la série B et les intrigues anecdotiques des charges sociales libertaires, grand directeur d’acteurs (Michel Simon, Catherine Deneuve et Jeanne Moreau sont passés devant sa caméra), fin observateur de la bêtise humaine dont il grossit les traits pour dresser des portraits subversifs…Plutôt que de chercher à sonder les ambiguïtés de ce cinéma tour à tour misanthrope et humaniste, naturaliste et excessif, populaire et exigeant, il vaut peut-être mieux se confronter directement à un de ses films les plus célèbres, qu’Arte propose de revoir dans le cadre d’un cycle-hommage: Solo.

Violent, amère, ce récit policier morose à l’image granuleuse raconte l’histoire d’un violoniste et trafiquant de diamants à la recherche de son frère cadet, membre d’un groupuscule d’extrême-droite impliqué dans un attentat contre la haute-bourgeoisie. Bilan désillusionné de l’après Mai-68 dans lequel les rues de Paris deviennent le théâtre de courses-poursuites désespérées, à l’image de la fuite en avant nocturne de son anti-héros principal, Solo est aussi un grand film romantique sur le délitement des idéaux. Qui mieux que Jean-Pierre Mocky lui-même (le réalisateur se destinait initialement à une carrière d’acteur) pouvait porter à bras le corps cette histoire tragique portée par les partitions de Georges Moustaki? Histoire de détendre l’atmosphère, on peut aussi revoir l’épisode vraiment fameux de Strip-Tease consacré au cinéaste, dans lequel on découvre qu’il était encore plus fou que ses films.