En direct de l’avenir, retour sur une cinéphilie féline aussi fascinante qu’éphémère.


Comment avions-nous fait jusqu’ici, avant que ne déferlent sur les écrans de cinéma ces merveilleux films félins, tous plus extravagants et mignons les uns que les autres ? On se le demandait tant le règne des chats sur les salles comblait de joie les spectateurs… Un exploitant, dont il vaut mieux taire le nom aujourd’hui, avait inauguré un cinéma à chats, sur le modèle des bars à chats : pour l’achat d’un billet, un matou était offert le temps du film, posé sur vos genoux, pour peu que l’animal daigne rester en place – le plus souvent, les bêtes se coursaient entre les rangs, jouaient, miaulaient, ronronnaient, et c’est finalement pour assister à ce spectacle que le public se mit à payer en masse. Quand le phénomène prit son essor et qu’il n’y eut plus assez de chats pour répondre à la demande, les producteurs de films prirent acte de cette mode. Ce fut le début d’une catsploitation– triomphante mais brève. Travellings sur siamois, panoramiques de chartreux, sieste de maine coon en plan-séquence : désormais, tout film se devait d’être une ode aux chats. L’euphorie cinéphéline retomba d’un coup quand les premiers cas de toxoplasmose numérique firent leur apparition : à force de regarder tant de chats, les allergiques et les femmes enceintes développaient à l’égard des images les mêmes symptômes que s’ils avaient côtoyé les bêtes. Par précaution, on remplaça même par des écrans neufs ceux sur lesquels les films à chats avaient été projetés.

Crédit photo : Illustration : Pierre Thyss