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Critique: Permanent Green Light

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En suivant les traces d’un garçon déterminé à se faire exploser sans aucune revendication idéologique, l’écrivain Dennis Cooper et l’artiste Zac Farley signent un film troublant sur le désespoir adolescent.

Disparaître pour prendre plus de place ; le faire de la manière la plus spectaculaire possible. Après le sulfureux et halluciné Little Cattle Towards Glow (2015, sorti directement en DVD en France), l’écrivain culte Dennis Cooper et son jeune coréalisateur Zac Farley ont été inspirés par l’itinéraire kamikaze de Jake Bilardi, ado australien parti inexplicablement rejoindre l’Etat Islamique et mort en Syrie alors qu’il n’était ni religieux, ni politisé.

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De ce déroutant point de départ, ils ont tiré une histoire autour de l’entêtement de Roman (Benjamin Sulpice) à vouloir se faire exploser, et à faire comprendre à tout son entourage qu’il le fera sans justification idéologique ou spirituelle. Les personnages évoluent dans des paysages d’une éclatante neutralité (HLM, pavillons de banlieue), dont l’aspect fantomatique est appuyé par le jeu volontairement désincarné des acteurs et des cadrages étouffants. Cooper et Farley anesthésient toute l’agitation propre aux discours sur les attentats suicides pour sonder l’inexplicable dans l’abstraction, le calme et le mystère, et finalement aboutir à une troublante incarnation cinématographique du vide existentiel.

Permanent Green Light de Zac Farley et Dennis Cooper, Local Films, 1h32
Image d’ouverture: Copyright Local Films Distribution

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