Cannes 390673

Published on mai 21st, 2015 | by TroisCouleurs

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Vu à Cannes : « Fatima » de Philippe Faucon (Quinzaine des réalisateurs)

CANNES 2015 – Fatima est femme de ménage. Son emploi du temps décalé lui permet de gagner plus d’argent pour aider sa fille aînée, étudiante en école de médecine dans la grande ville voisine, mais lui laisse moins de temps pour veiller sur la cadette, lycéenne en révolte.

PAR HENDY BICAISE

Selon Philippe Faucon, son héroïne Fatima est une « invisible » aux yeux de la société française, du fait qu’elle ne parle pas la langue nationale. Le voile qu’elle porte peut renforcer ce sentiment d’inexistence, ce que le film illustre dès sa scène d’ouverture, ou à l’inverse la singulariser auprès de certains concitoyens. L’intégration reste la problématique centrale de l’œuvre du réalisateur de Dans la vie et du bien-nommé La désintégration. Dans Fatima, ce sont d’abord les dialogues et les situations qui mettent en exergue les rapports disparates que les trois femmes de la famille peuvent entretenir avec leur environnement respectif. Mais, au-delà de cette description de leur quotidien, Philippe Faucon décrit, à l’aide de symboles, un univers continuellement régit par les notions d’union ou de ségrégation : qu’il s’agisse d’un cours magistral à l’université sur la fusion des cellules, du parcage de groupes de personnages dans un véhicule utilitaire ou derrière des barrières, et plus encore de la première leçon de français de Fatima au cours de laquelle on lui demande de lire des mots savamment choisis (« prénom », « nationalité », etc.). Les cours confèrent au film une valeur de récit d’apprentissage, en l’occurrence à deux voies puisque Fatima apprend d’une part à lire le français pour mieux comprendre le monde qui l’entoure, et de l’autre à coucher sur papier ses sentiments profonds en arabe pour mieux se connaître elle-même.

 

Crédit photo : © DR

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