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Published on octobre 24th, 2013 | by TroisCouleurs

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Compte rendu : Rokia Traoré au Trianon

La chanteuse Malienne Rokia Traoré, récompensée en 2009 par les Victoires de la Musique, a donné vendredi 11 octobre un concert au Trianon. Le public a ainsi eu le plaisir de découvrir en live son nouvel album, Beautiful Africa.

Par Astrid Krivian

Une silhouette gracile, tressée de muscles, glissée dans une petite robe noire scintillante, un port de reine : celle qui chante « La féminité est un art » dans sa chanson Sarama illustre parfaitement son propos. Pour son 5ème album  Beautiful Africa, cette artiste, qui a grandi entre l’Afrique et l’Occident, poursuit son désir d’une musique métisse, mêlant des instruments et des rythmes traditionnels du Mali avec le blues et le rock occidentaux. Et c’est naturellement qu’elle écrit, compose et interprète ses chansons en bambara, français et anglais.

Entourée de musiciens issus de ces deux univers, elle nous offre des morceaux où le son un peu saturé d’une guitare électrique rencontre le n’goni, où la rythmique basse/batterie passe d’une énergie rock à une cadence plus africaine qui nous secoue les hanches. Sa voix se prête aussi bien à la douceur intimiste d’un duo avec sa guitare que dans une énergie plus enragée où s’épanouit sa riche tessiture. On aime quand elle fait vibrer, trembler les notes dans les graves, les savourant un peu plus.

La chanson titre de l’album, Beautiful Africa, lui a été inspirée lors du conflit au Mali survenu l’an dernier. Parce que pour elle il est nécessaire de continuer à chanter la lumière et la richesse de l’Afrique, d’affirmer fermement un espoir, malgré la douleur et l’obscurité : « A contre-courant mes convictions résistent A contre-jour mon hardiesse persiste ».

Issue de son album précédent, la chanson « Zen », commence doucement, au rythme de la mélodie entraînante jouée par le n’goni (luth africain). Puis, portée par les autres instruments et les voix, elle monte peu à peu en énergie et déploie sa puissance musicale. C’est alors que Rokia exécute ses danses jubilatoires, pieds nus, emportant avec elle son public qui n’attendait que ça. On est sensible à sa philosophie qu’elle exprime avec finesse dans ses textes: « Que les ans passent Que le temps s’y fasse Moi ça y est je m’en défais de ces heures gloutonnes qui me mangent tous les jours ».

Bref, un concert de Rokia, c’est un plaisir aussi bien pour le cœur que pour l’esprit.

 

Pour écouter Rokia Traoré : http://www.deezer.com/fr/artist/789

 

 

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